Frise chronologique
1902-1904
Construction de l’immeuble
Construction de l’immeuble
1902-1904 (≈ 1903)
Réalisé par Lucien Bentz pour Victor Jacques.
1903
Inauguration de la pharmacie
Inauguration de la pharmacie
1903 (≈ 1903)
Ouverture de l’officine au rez-de-chaussée.
15 juin 1977
Classement monument historique
Classement monument historique
15 juin 1977 (≈ 1977)
Façades et toitures protégées par arrêté.
avril 2014
Redécouverte du mobilier
Redécouverte du mobilier
avril 2014 (≈ 2014)
Mobilier de Justin Ferez mis aux enchères.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rues (cad. BZ 34) : inscription par arrêté du 15 juin 1977
Personnages clés
| Victor Jacques - Pharmacien et commanditaire |
Propriétaire et instigateur du projet architectural. |
| Lucien Bentz - Architecte |
Concepteur du bâtiment, formé à Châlons et Paris. |
| Auguste Vautrin - Sculpteur |
Auteur des décors végétaux en façade. |
| Jacques Gruber - Peintre verrier |
Créateur des verrières de l’imposte. |
| Justin Ferez - Ébéniste et sculpteur |
Artisan du mobilier original de la pharmacie. |
Origine et histoire
La pharmacie Jacques est une officine construite à Nancy entre 1902 et 1904 pour le pharmacien Victor Jacques. Conçue par l’architecte Lucien Bentz, ancien élève des Arts et Métiers de Châlons et de l’École Centrale de Paris, elle incarne le style École de Nancy, mouvement artistique local lié à l’Art nouveau. Le gros œuvre fut réalisé par l’entreprise Dancelme frères, tandis que les décors sculptés, représentant des plantes médicinales, furent exécutés par Auguste Vautrin. Les noms des artisans et la date de construction figurent sur la façade de la rue Jeanne-d’Arc.
Les verrières, signées par le peintre verrier Jacques Gruber, ornent l’imposte de la porte rue de la Commanderie et la cage d’escalier. Le mobilier d’origine, créé par l’ébéniste Justin Ferez, disciple d’Eugène Vallin, fut longtemps cru détruit avant d’être redécouvert en 2014. La flèche du bâtiment a perdu ses éléments décoratifs (épis de faîtage et crête). Les façades et toitures, classées monuments historiques en 1977, témoignent de l’héritage architectural et artisanal de Nancy au début du XXe siècle.
L’immeuble, situé à l’angle des rues de la Commanderie et Jeanne-d’Arc, s’élève sur quatre étages. Bien que son architecture reste sobre, la décoration Art nouveau, centrée sur des motifs végétaux liés à la pharmacie, en fait un exemple remarquable du patrimoine nancéien. Les travaux de restauration et la redécouverte du mobilier ont permis de mettre en lumière son importance dans l’histoire des pharmacies d’art et de l’École de Nancy.
La pharmacie Jacques s’inscrit dans un contexte plus large de renouveau esthétique à Nancy, où l’Art nouveau a marqué de nombreux édifices publics et privés. Victor Jacques, commanditaire de l’ouvrage, incarne la figure du pharmacien mécène, soucieux d’allier fonctionnalité et beauté. Les collaborations entre architectes, sculpteurs et verriers illustrent la dynamique collective de ce mouvement, qui a fait de Nancy un foyer artistique majeur en France.